Qu’est-ce qu’une personne proche aidante?

  • Vous venez en aide à une personne de votre entourage ayant une ou des incapacités temporaires ou permanentes (handicap, vieillissement, maladie, accident, etc.).
  • Vous offrez un soutien émotif, vous prodiguez des soins ou rendez des services variés (commissions, transport, repas, ménage, etc.).
  • Vous le faites sans rémunération mais sans être uniquement une personne bénévole car un lien affectif vous unit à la personne que vous aidez : père, mère, conjoint(e), enfant, frère, sœur, voisin(e), ami(e) proche. Vous le faites de façon occasionnelle ou continue, à court ou à long terme.»
  • Vous aidez, peu importe l'âge de la personne aidée et sans égard au fait que vous viviez ensemble ou non.

    Suis-je une personne proche aidante ?

    Aidez-vous un proche parent, un ami, un conjoint, un enfant ou un voisin...

    • Dans sa vie domestique?
      (faire ses emplettes, préparer ses repas, effectuer des tâches ménagères, faire la lessive)
    • Pour les soins corporels ?
      (l’aider à manger, l’aider à s’habiller, l’aider à faire sa toilette, l’aider à se déplacer)
    • Dans ses relations avec l’extérieur ?
      (Prendre ses rendez-vous médicaux et autres, l’accompagner lors de visites médicales et autres, faire les démarches pour trouver, organiser et superviser divers services, gérer ses finances)
    • Par toute forme de soutien moral?
      (En lui téléphonant, en lui rendant visite (à domicile ou en centre d’hébergement, etc.), en l’encourageant, en le stimulant, en le consolant.)

    Les tâches assumées par la personne proche aidante sont innombrables. Si vous avez répondu oui à l’UNE de ces questions, vous êtes une personne aidante et vous pourriez avoir besoin d’aide.

    Nous évitons volontairement d’utiliser l’expression «aidant naturel» parce qu’elle suggère qu’il est normal et naturel de tout prendre sur ses épaules pour aider l’autre. Cette expression contribue en outre à renforcer l’invisibilité sociale des personnes aidantes.

    L’expression «personne aidée», utilisée pour alléger le texte, désigne la personne dont prend soin la personne proche aidante.

    Réalité des personnes proches aidantes

    On peut devenir aidant du jour au lendemain, par exemple à la suite d’un accident ou d’une maladie subite d’un de nos proches. Mais il arrive plus fréquemment que l’on devienne proche aidant presque à notre insu, en prenant toujours un peu plus de responsabilités au fil des semaines, des mois et même des années. 

    C’est donc avec le temps que l’on construit et que l’on endosse le rôle de proche aidant. Et c’est à la longue que l’on accumule les charges, les responsabilités... et la fatigue qui les accompagne.

    La majorité des personnes proches aidantes ne se considèrent donc pas comme telles. Elles se voient comme la mère, le mari, la conjointe, la fille, le frère ou l’ami de la personne à qui elles prodiguent des soins ou apportent de l’aide. Cette vision justifie possiblement une motivation à apporter de l’aide, mais le lien avec la personne et le quotidien ne se voit-il pas transformé? En effet, l’aidant assume un rôle supplémentaire que celui d’aimer la personne et de la soutenir dans un échange humain tel qu’il est attendu dans nos valeurs relationnelles.

    Le rôle de proche aidant a un impact considérable dans les différentes sphères de la vie.

Information, soutien et répit.

Michel, proche aidant :

Ma conjointe a eu un accident. Je dois l'aider dans son quotidien

«Ma conjointe Maude a eu un accident d’auto il y a 2 ans et depuis elle est en chaise roulante. Cette situation a changé notre vie. Nous avons deux jeunes enfants et nous venions de nous acheter une maison. En plus des travaux à faire sur la maison pour l’adapter pour Maude, du temps passé à l’hôpital et en physiothérapie pour aider Maude à retrouver le plus de capacités motrices possible, il a fallu que je m’occupe presque seul des enfants et de la routine de la maison, le temps qu’elle se rétablisse et qu’elle soit capable de bien fonctionner dans le quotidien. Je dois encore l’aider dans son quotidien, mais nous commençons à trouver notre rythme. Pour passer au travers de tout cela, j’ai eu besoin d’aide et j’en ai encore besoin.»

Services qui l’ont aidé :

  • Le soutien individuel où j’ai pu parler de mes émotions et trouver des moyens pour ne pas me perdre et m’épuiser.
  • Les sorties sociales auxquelles je pouvais amener les enfants qui m’ont permises de prendre du temps pour avoir du plaisir et parler à d’autres personnes qui pouvaient comprendre ce que je vivais.
  • Les conférences où j’ai pu en apprendre plus sur différents sujets qui me touchaient.

Écoute, conseils et solutions

Claire, proche aidante :

Deux fois par semaine, je fais les commissions pour ma mère

«Ma mère a 75 ans et elle a de la difficulté à se déplacer. Au début, elle avait seulement de la difficulté à conduire son auto, donc j’allais la chercher pour faire ses commissions, mais avec le temps, elle a commencé à être de plus en plus fatiguée lorsqu’on revenait de ses sorties. Depuis quelques temps, vu que c’est rendu trop difficile pour elle de se déplacer, c’est moi qui fait toutes ses commissions. Lorsque je vais chez elle, je constate qu’elle commence à avoir de plus en plus de difficulté à faire certaines tâches dans le quotidien, comme son ménage, ...»

Services qui l’ont aidée :

  • Soutien individuel car j’ai pu avoir de l’information sur les ressources qui peuvent venir en aide à ma mère pour faire son ménage, ...
  • Cafés-rencontres car je peux parler et avec l’expérience des autres, j’ai retenu des trucs comme avoir un cahier où elle écrit les choses dont elle a besoin, que je peux organiser chez ma mère pour que ce soit plus facile pour elle.
  • Soutien individuel pour préparer une rencontre avec mes sœurs pour voir comment on organise l’avenir pour ma mère afin d’éviter que ce soit seulement moi qui en prenne soin.

Échanges et accompagnement

Juliette, proche aidante :

Mon mari est atteint d’une maladie. Je suis là pour lui.

« J’ai 80 ans et mon Roméo a 85 ans et a une maladie des poumons. On est ensemble depuis plus de 55 ans et on s’est toujours beaucoup aimé. Nous n’avons malheureusement pas eu d’enfant et nos familles ne restent pas proches de chez nous. Nous recevons plusieurs services du CLSC pour Roméo, mais ça commence à devenir de plus en plus difficile pour moi de prendre soin de lui. Le médecin m’a parlé de placer Roméo au Centre d’accueil mais je ne suis pas prête à cela. »

Services qui l’ont aidée :

  • Soutien individuel pour pouvoir me préparer à son départ pour le Centre d’accueil.
  • Les cafés-rencontres pour parler avec d’autres personnes qui comprennent ce que je ressens et briser l’isolement.
  • Soutien individuel pour visiter des résidences d’accueil.

Soutien individuel et ressources

Francine, proche aidante :

365 jours par année, je suis la maman d’un enfant handicapé.

«J’ai 35 ans et mon fils Antoine qui a 5 ans est autiste. Lorsque mon conjoint et moi avons enfin eu un diagnostic, ce fût très difficile à vivre, car nous rêvions comme tous les parents d’avoir un enfant qui sera autonome et pourra réaliser tout ce qu’il veut lorsqu’il sera grand. Je m’inquiète beaucoup pour lui et bientôt il va rentrer à l’école. Je me demande comment cela va se passer. Comme parent ce n’est pas toujours facile, car Antoine fait des crises et je ne sais pas toujours ce qui est du à sa maladie et ce qui vient de son caractère. »

Services qui l’ont aidée :

  • Soutien individuel car j’ai pu parler à une intervenante de ce que je vivais et elle m’a rassuré.
  • Soutien individuel par la référence à un organisme qui peut nous aider avec le handicap de notre fils.
  • Soutien individuel pour m’aider à trouver une personne qui vient une fois par semaine, s’occuper d’Antoine pour que je puisse avoir un peu de répit et penser à moi.